Ce terme est en général associé à l'homosexualité, lorsque un homo avoue ces tendances sexuelles au monde, on parle de coming out... Ce terme signifie plus généralement, que l'on va avuer quelquechose d'important. Mon coming out à moi est de mettre noir sur blanc ce qui me ronge ce derniers temps. Cette maladie incomprise le plus souvent s'appelle la dépression. Aaaahh... Je les entends déjà ceux qui me diront : ce n'est qu'une mauvaise passe, sois forte et assume! A eux je répondrais NON! C'est pas comme ça que ça se passe... La dépression est une vraie maladie de l'âme, reconnue comme telle et qui ne soigne pas simplement avec une volonté de fer. Les raisons profondes peuvent être de toute sorte, et personne ne peut vraiment les connaître. Ce peut être un accumulation de choses, avec un élément déclencheur précis, elle peut être la conséquence d'un choc psychologique traumatisant, elle peut trouver ses sources dans n'importe quel évènement. Ce qu'il faut comprendre c'est que ce n'est pas une volonté personnelle d'être dans cet état. Qui se complait à vivre dans le noir, coupé du monde, à ne voir personne, ne plus rien faire et ne plus avoir gout à rien? Personne à mon sens, et on ne peut pas "aimer" être comme ça.
Ce jour d'avril où je suis allée voir le médecin je me sentais mal, je me pensais atteinte d'une autre maladie, mais arrivée dans le cabinet du médecin, le verdict est tombé, lourd, pesant, mal compris par moi même :"vous êtes en plein dans une dépression dite sévère"... Aïe! Que faire alors? Ledit médecin m'a proposé une "mise au vert", c'est à dire une hospitalisation dans un centre psychiatrique spécialisé. Face à ma tronche dubitative et pas forcément consentente, il a revu son diagnostique et m'a préscrit un traitement lourd, avec prise de rdv avec une psychiatre... Bonne idée tiens! Je vais pouvoir enfin me vider et trouver quelques réponses... Et les bonnes cette fois!
Donc me voila aujourd'hui bourrée de cachetons en tous genres : anxiolitques, anidépresseurs, somnifères... Le tout pour retrouver le gout de la vie!! Moi qui pensais que les dépressifs étaient des faibles de caractère, tous mes aprioris sur le sujet s'effondrent!!! Je ne suis pas faible, je suis juste malade. Il m'a fallu du temps pour le comprendre, 3 séances chez ma psy, et un guide de la dépression déballant tout sur cette maladie, ses mécanismes, ses traitements, absolument tout!
Alors maintenant que j'ai compris que cet état léthargique dans lequel je me trouve n'est pas du qu'à moi mais aussi à mes neurotransmetteurs qui déconnent un peu trop et qui ne font pas bien passer les informations à mon cerveau, que mes insomnies sont également dues à cette maladie et que non on ne peut pas simplement faire jouer sa propre volonté pour en sortir et que oui nous avons besoin d'un soutien médicamenteux pour remettre le cerveau l'endroit, pour que les connections se refassent, qu'un suivi psychiatrique est très utile en pareille situation et que cela ne signifie pas forcément que l'on est taré, juste paumé ou destabilisé...
Maintenant que j'ai compris tout ça et que je ne me sens plus une merde impuissante fasse à tout ça, je me reprends en mains, du moins je l'essaie!
De plus, j'ai appris que rien ne sert que l'entourage nous secoue, nous dise : bouge toi bon dieu! Prends ta vie en mains et fais fi des idées noires! Non ça ne sert à rien! Tout comme le : mais tu est quelqu'un de fort normalement, ou encore, c'est toi la plus forte de la famille, pourquoi tu baisses les bras?! ou encore : c'est pas dans ton caractere de te laisser aller,reprends ta vie à bras le corps! Ben ouais je suis forte normalement, ben ouais je me suis laisser tomber au fond du gouffre, j'ai bien essayé de m'accrocher aux paroies mais je glissais tellement elles étaient boueuses... Donc désolée d'avoir été touchée par cette maladie que certains ne comprennent pas surtout dans mon entourage proche, je ne les blame pas, je ne les déteste pas pour autant étant donné que moi meme je ne me suis pas comprise ni reconnue au tout début et que je ne voulais pas voir la vérité en face : je suis juste malade et meme si ça doit prendre du temps, je guerirais, et je prendrais le temps qu'il faudra car comme dit ma psy à juste titre : on travaille aujourd'hui et on vous soigne pour les 50 années à venir, l'espérance de vie d'une femme étant de 82 ans!! Donc prendre quelques semaines ou quelques mois pour vivre mieux les 50 prochaines années de ma vie est une étape que je veux bien subir!!!
Bien @ vous!