Depuis toute petite on ne peut pas dire que la vie m'a fait des cadeaux... et à aujourd'hui presque 30 ans ça continue! ça me poursuit, ça me ronge, ça m'obsède... Pourquoi est ce que je n'arrive pas à connaître le bonheur? A chaque fois que je pense le toucher du doigt il fuit... Ou je fuis? En fait je pense que c'est ça, je le fuis! Je n'ai jamais connu ça... Je ne vais pas non plus me lamenter sur mon sort hein! C'est comme ça et puis c'est tout, mais je pense qu'il y a des gens comme moi qui ne savent pas être heureux, ou plutot qui n'arrivent pas à profiter du "bonheur" lorsqu'il se présente et font tout pour gâcher les choses ou se pourir la vie...
Pourquoi? D'aucuns disent que je me pose trop de questions et que le "pourquoi" fait partie intégrante de ma vie. Ils n'ont pas tort. Je me pose sans cesse des questions, trop peut être, trop sûrement. Je ne peux pas penser que rien n'est fait ou donné sans arrière pensée. Je ne peux pas croire que la vie peut être simple si on arrive à la vivre sereinement et simplement.
Je ne me souviens pas de mes grands éclats de rire d'enfant, je ne me souviens pas d'un quelconque amour donné par mes parents, je ne me souviens pas de moments paisibles de ma vie. Tout n'a toujours été que bataille, combat, lutte. Toute petite, depuis que j'ai 8 ans, je me bats contre l'alcoolisme de ma mere, contre la dépression de la famille, etc... Puis j'ai rencontré l'amour de ma vie, nous sommes restés près de 10 ans ensemble mais notre vie fut remplie de luttes encore dans le sens où pour pouvoir se payer le loyer,à bouffer et nos études, on a bossé comme des dératés, on a fait des boulots de merde, on a combattu pour notre dignité quotidiennement, et contre mes parents qui ne comprennaient pas qu'on ait pas un sou en poche alors qu'ils ne me donnaient pas un kopec pour subventionner les études qu'ils m'avaient un tant soit peu poussée à faire... après avoir lutté tout ce temps ensemble, on s'est quittés voilà deux ans et pendant deux ans, j'ai lutté et lutté encore contre la déprime, la solitude, la réalité de ma vie, ma réalité. Et aujourd'hui à pres de 30 ans, je me bats contre moi même, contre mes démons qui m'envahissent à chaque moment de ma vie, contre mes colères, contre mes révoltes, contre ma vie...
Je souhaite tant la changer mais rien à faire! A part me prouver qu'on est la nuit et jour pour moi, à part se devoiler à moi, à part se livrer corps et âme, je ne peux croire en personne. Une seule personne a réussi ce grand défi, vous la connaissez, elle se reconnaitra. Je n'arrive plus à avoir confiance en la nature humaine, j'essaie désespérement de le faire mais je continue de croire que chaque personne que je croise dans ma vie a des arrières pensées, me donne pour recevoir et ne peut pas m'aimer telle que je suis. Un tort d'apres ma caille, une évidence et une légitimité pour moi. En effet, ma mère y est pour beaucoup, étant donné son absence, son manque de confiance en elle et en moi, son manque d'amour propre, qu'elle m'a sûrement transmis... Mélange détonnant que la Jeanine : j'ai reçu de mes deux parents et pas forcément le bon à chaque fois, le mauvais carafon de mon père mélangé aux incertitdes de ma mère. Et puis il y a les autres blessures, d'abord le fait de savoir que je n'etais pas desirée, le fait de savoir qu'ils ne voulaient pas d'une fille mais d'un petit mec, le fait d'avoir toujours été la pour eux, attendant éternellement leur reconnaissance, mais que la rciprocité n'existe pas, le fait d'etre aujourd'hui considérée comme le vilain petit canard parce que je ne suis pas les traces qu'ils ont essayé de m'inculquer et que je ne suis pas encore mariée avec 3 gosses, une maison à credit et que je préfère voyager, découvrir, partager plûtot que de rester 3 semaines avec eux dans leur bled pourri pendant les vacances d'été! bref, je ne suis pas comme ma soeur et ça les emmerde donc... donc... je suis pas "aimable"... voyez?! d'ailleurs, quand j'ai essayé de parler de moi et de mes passions à mes parents, ils ont eu a chaque fois les memes réactions, ils ne 'ont pas crue et ont ri. L'inconnu sûrement, la peur d'avoir l'air bete de ne pas comprendre... Le jour où j'ai montré très fière mes photos à mon pere, histoire de recevoir ce minimum de reconnaissance, il a ri,et n'a pas cru que moi, Jeanine, les avais faites! Il a cru que c'était une blague et que je lui mentais, que je m'appropriais le travail d'un autre... déception of course!! moi qui pensais les impressionner et leur montrer qui je suis réellement... loupé!
aujourd'hui j'essaie de me reconstruire, malgré le peu d'amour propre que j'ai, j'essaie d'accepter les règles du jeu,meme si elles me révoltent, j'essaie de vivre mieux. Pas simple quand on est une écorchée vive et qu'on s'en rend compte à 30 ans!!
Tout ça pour démontrer pour quelles raisons je n'arrive pas à croire au bonheur, pourquoi je ne peux pas avoir confiance en la nature humaine, la mienne avant tout, pourquoi je continue de me battre chaque jour contre moi même et les autres et pourquoi j'ai l'impression que la vie est une lutte perpétuelle...
Vais je y arriver? J'espère que oui bien sûr, comme tout un chacun. Je commence à retrouver espoir de par les rencontres que je fais au fil du temps, mais tout cela n'est que très fragile et peut basculer à tout moment, je le sais, je le sens, je le vis...
merci à ceux qui m'entourent et...
Bien @ vous...